L’histoire du conflit en Palestine prend racine dès la fin du XIXᵉ siècle, dans un contexte marqué par la montée du sionisme européen et le déclin de l’Empire ottoman.
1878, une première colonie agricole sioniste est établie en Palestine.
En 1882, environ 25 000 Juifs d’Europe migrent vers la Palestine.
Le Congrès sioniste de 1897 marque un tournant majeur : il appelle à la création d’un foyer juif en Palestine.

Nahman Sirkin, figure du sionisme socialiste, y affirme que la Palestine « doit être évacuée pour les Juifs », tandis que le mouvement insiste pour que les terres acquises soient travaillées exclusivement par des Juifs. Ce mouvement structuré se renforce avec la création, en 1901, du Fonds national juif, chargé d’acquérir des terres destinées au peuplement juif exclusif. En 1907, le premier kibboutz est fondé, illustrant l’implantation progressive d’une société juive organisée.
Au début du XXᵉ siècle, la présence juive continue de s’étendre : en 1904, environ 40 000 colons sionistes sont installés, et en 1914, une nouvelle vague d’immigration arrive en Palestine. Cependant, cette progression suscite une résistance arabe croissante, culminant notamment avec la grande manifestation de Jaffa en 1921 contre l’immigration sioniste.
En 1917, la situation change profondément avec la Déclaration Balfour, par laquelle le gouvernement britannique se dit favorable à l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine. La lettre précise toutefois que les droits civils et religieux des communautés non juives doivent être préservés.

Après la défaite ottomane, la Palestine passe sous contrôle britannique.
En 1920, la Haganah, une organisation militaire clandestine sioniste, est créée.
En 1922, la Société des Nations approuve officiellement le mandat britannique sur la Palestine, qui entre en vigueur l’année suivante.

Les années 1930 voient une radicalisation d’une partie du mouvement sioniste. En 1931, l’Irgoun, une milice sioniste, est fondé pour mener des actions plus offensives. En 1935, les autorités britanniques découvrent un large système clandestin d’importation d’armes par les groupes sionistes, et en 1938, des attentats de l’Irgoun provoquent la mort de 119 Palestiniens.
En 1939, le dirigeant sioniste révisionniste Vladimir Jabotinsky écrit que « les Arabes doivent laisser la place aux Juifs ».
La même année, la Chambre des communes adopte le Livre blanc, qui prévoit une limitation stricte de l’immigration juive et une indépendance progressive de la Palestine dans les dix ans. Sa mise en application sera prolongée en 1943.

Après la Seconde Guerre mondiale, les tensions atteignent leur paroxysme. En 1947, l’ONU adopte un plan de partition prévoyant la création d’un État juif et d’un État arabe.

Dès 1947 et tout au long de 1948, les milices sionistes procèdent à l’expulsion progressive des palestiniens de nombreuses localités, par la force ou la terreur : c’est le Plan Daleth. Les milices sionistes finalisent ce plan, en mars 1948, élaboré pour prendre le contrôle des territoires palestiniens. Le 9 avril 1948, le massacre de Deir Yassin marque l’un des épisodes les plus traumatisants, contribuant à renforcer le nettoyage éthique de la Palestine : c’est la « Nakba » : la catastrophe en arabe. Plus de 700 000 palestiniens sont expulsés en dehors de leurs terres en l’espace de quelques mois.


Le 14 mai 1948, Israël proclame son indépendance, au moment où le mandat britannique prend fin. Les pays arabes voisins (Liban, Syrie, Irak et Egypte) déclarent la guerre à Israël mais avec des forces armées peu expérimentées, sous-équipées ou quasi inexistantes. La Jordanie, quant à elle, passe un pacte avec les sionistes pour récupérer la Cisjordanie, qu’elle occupera jusqu’en 1967.
En septembre 1948, le comte Folke Bernadotte, médiateur de l’ONU, est assassiné à Jérusalem par un groupe sioniste extrémiste.

Enfin, en 1949, Israël signe des armistices avec les États arabes, mettant fin à la première « guerre israélo-arabe », mais installant durablement un « conflit » qui se prolongera jusqu’à nos jours.

